La poésie a toujours tenu une place importante dans la culture
coréenne, mais, étant exprimée en chinois, elle n’avait pas le caractère propre qu’elle acquerra à partir du moment où, au 15e s., le roi Sejong décida la généralisation d’une langue purement
nationale, avec des caractères propres, des lettres et non des idéogrammes, ce qui permit de simplifier le langage et donc d’exprimer plus facilement sa pensée.
Jusque là la création littéraire avait été l’apanage de la classe la plus noble des lettrés, suffisamment imprégnée de la culture chinoise et disposant d’assez de temps pour apprendre toutes les subtilités de cette langue. A partir du 16e s., n’importe quelle personne sachant lire et écrire pourra s’essayer à la poésie, même des courtisanes, de manière plus accessible, célébrant la beauté de la nature, la joie de vivre, la fidélité au roi, l’amour, l’amitié, voire, de manière plus ou moins allégorique, se mêlant de politique.
C’est pourquoi Mademoiselle LEE Byoung-Jou a choisi cette période de foisonnement littéraire pour sélectionner dans cette anthologie cent quarante et un poèmes de soixante trois auteurs différents, particulièrement caractéristiques d’une époque où également en Occident s’épanouissaient des cultures nationales avec notamment Shakespeare en Grande Bretagne, Cervantès en Espagne, Dante en Italie et Ronsard en France.
Jean-Louis d’Arc
Extrait
J'ai passé dix ans de ma vie à me construire une chaumière.
Maintenant le vent passe à travers et la lune la pénètre.
Belle nature, je ne peux vous laisser entrer,
Mais, je vous recevrai sur le pas de ma porte, éternellement.
Song Sun (1493 - 1583)
A l'occasion de l'exposition Polyptiques et Figures du Mystère dans la Cathédrale de Rouen nous avons voulu réunir ces quelques textes sur le travail de Michel Madore.
Avec des textes de Robert Marteau, Michel Brière, Christian Noorbergen, Claire Leman-Génin et Jean-Marie Chevrier.
Extrait :
Michel Madore n'est pas de ces génies d'aujourd'hui par qui et avec qui tout commence. Il n'opère pas dans la mode mais plutôt dans la nuit, la seule, celle de l'inconnaissance. Malgré tout, je le vois, et le vois oeuvrer comme un profond laboureur de la mémoire. C'est pourquoi, certainement, il avance à tâtons, sans armes, mais tout de même muni d'un frêle bâton déjà consumé ou carbonisé au feu des soleils nocturnes.
Robert Marteau
2007, Editions Mémoire Vivante, ISBN 2-903011-72-9, conception graphique Cao Dan, 15€
Illustrations de Philippe Lejeune
En 1948, Philippe Lejeune, fasciné et bouleversé
découvrait Une Saison en Enfer d'Arthur Rimbaud et réalisait alors une série de onze dessins inspirés du texte du poète, d'une force et d'un modernisme saisissants ; dessins dont Jean
Cocteau estimait qu'ils étaient les meilleurs qu'il ait vu sur ce thème, avec ceux de Christian Bérard.
Philippe Lejeune nous a suggéré, à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la naissance de Rimbaud, d'éditer pour la première fois cette série de dessins accompagnée du texte d'Une Saison en Enfer.
2004, Mémoire Vivante, ISBN 2-903011-52-4, tirage limité à 400 exemplaires numérotés dans étui en bois, 65€